
Le chauffage au gaz reste l'une des solutions les plus répandues dans les logements français. Son avenir a pourtant changé de cap en quelques années.
L'interdiction dans les logements neufs
Historiquement, les Français apprécient le chauffage au gaz et en font volontiers leur énergie de prédilection.
La réglementation environnementale RE 2020 interdit toutefois l'installation de chaudières à gaz dans les logements neufs depuis le 1er janvier 2022. L'interdiction concerne tous les modèles, y compris les chaudières à condensation et celles à très haute performance énergétique.
La raison n'est pas le rendement, excellent sur ces appareils, mais l'introduction d'un seuil d'émissions de gaz à effet de serre dans la réglementation : quel que soit son rendement, une chaudière qui brûle un combustible fossile émet du carbone.
Et dans les logements existants ?
Le chauffage au gaz n'y est pas interdit. Comme cela s'est produit auparavant pour le fioul, il est probable que les restrictions s'étendent progressivement, mais aucune interdiction générale du remplacement n'est en vigueur à ce jour.
Se chauffer au gaz reste donc envisageable hors construction neuve. Le gaz naturel est le moins émetteur des combustibles fossiles et offre un excellent rendement à confort égal, ce qui lui donne un double avantage relatif. S'il est disponible dans la commune, son intérêt s'évalue pour le chauffage, l'eau chaude et la cuisson, et le raccordement coûte souvent moins cher qu'on ne le suppose.
Les aides publiques, en revanche, ne soutiennent plus l'installation d'une chaudière gaz : elles sont réservées aux systèmes bas-carbone.
Avantages et inconvénients
À l'actif : un confort immédiat et une puissance disponible sans délai ; un coût d'installation modéré comparé à une pompe à chaleur ou à une chaudière bois ; un encombrement réduit et aucun stockage ; et la production d'eau chaude sanitaire instantanée sur la plupart des modèles.
Au passif : la dépendance à un combustible importé, dont le prix s'est révélé très volatil ; les émissions de carbone ; l'obligation d'entretien annuel et de ramonage ; les restrictions réglementaires croissantes ; et l'impact sur le classement énergétique du logement, désormais déterminant pour la location et la revente.
Les types de gaz

Le gaz naturel, distribué par réseau, est le plus courant et le moins cher au kilowattheure. Il suppose que la commune soit desservie.
Le propane en citerne dessert les zones non raccordées. Il est nettement plus cher, suppose une citerne aérienne ou enterrée, et un contrat avec un fournisseur unique, dont il faut lire attentivement les conditions de sortie.
Le butane en bouteille sert surtout à la cuisson et aux appoints ; il gèle en extérieur et ne convient pas au chauffage permanent.
Le biométhane, produit par méthanisation de déchets organiques et injecté dans le réseau, est chimiquement identique au gaz naturel mais renouvelable. Sa part progresse et reste minoritaire.
La chaudière à condensation
C'est aujourd'hui le seul type installé. Elle récupère la chaleur latente contenue dans la vapeur d'eau des fumées, ce qui explique des rendements annoncés supérieurs à cent pour cent, une convention de calcul, rapportée au pouvoir calorifique inférieur.
Deux conditions pour qu'elle tienne ses promesses : une température de retour d'eau basse, donc des émetteurs adaptés, plancher chauffant ou radiateurs surdimensionnés, et une évacuation des condensats, acides, prévue au réseau d'eaux usées.
Une chaudière à condensation raccordée à des radiateurs réglés à soixante-dix degrés ne condense jamais : elle fonctionne alors comme une chaudière classique, au prix d'une chaudière à condensation.
Les solutions de remplacement
La pompe à chaleur air-eau restitue trois à quatre kilowattheures pour un consommé et s'installe sur un circuit existant, à condition d'abaisser la température d'émission, donc, le plus souvent, d'isoler d'abord.
La chaudière à granulés convient aux logements disposant d'un espace de stockage et d'un conduit.
Le raccordement à un réseau de chaleur, lorsqu'il existe, est souvent la solution la plus simple et la moins chère à l'usage.
Dans tous les cas, la même règle s'applique : isoler, ventiler, puis dimensionner le générateur sur le besoin résiduel. Changer d'énergie sans toucher à l'enveloppe déplace le problème sans le résoudre.
La sécurité
L'entretien annuel de la chaudière est obligatoire et donne lieu à une attestation, réclamée par l'assurance en cas de sinistre. Le ramonage du conduit l'est également.
Un détecteur de monoxyde de carbone est vivement recommandé dans tout logement équipé d'un appareil à combustion. Maux de tête, nausées et fatigue anormale touchant plusieurs occupants en même temps imposent d'aérer, de sortir et d'appeler les secours.